Situation sociopolitique: L’étonnant silence de Tiken Jah 

 

Tiken

Le 02 octobre dernier, à  l’occasion de la clôture de la journée du lancement du mémorial de Thomas Sankara où il était invité,  Tiken Jah a accordé une interview à Jeune Afrique à Ouagadougou. Il y revendique son appartenance à l’idéologie de l’ancien Chef d’Etat Burkinabé. Un homme connu pour son franc parlé et son panafricanisme. Au cours de cette interview, l’artiste exprime sa  vision de l’Afrique, son regard sur les dirigeants du continent sans toutefois parler des sujets brûlants de la Côte d’Ivoire.

‘’Engagé’’ ! S’il y a bien un mot pour définir l’artiste, c’est bien celui-là. Tiken Jah Facoly, se présente lui-même comme un artiste dont les 20 ans de carrière sont  le «  reflet d’une œuvre sans concession, qui dénonce sans relâche les injustices qui touchent le continent africain ».

C’est à juste titre que le ‘’Descendant de Fakoly’’  se revendique de l’idéologie de Sankara.

« Je suis de la génération Sankara. Il ne doit pas être oublié. Je suis sankariste (…)», clame-t-il.

Pourtant, l’on s’étonne du silence du « diseur de vérité » sur la situation sociopolitique de son pays, la Côte d’Ivoire.

En effet, les sujets ne manquent pas pour donner de l’inspiration à la Reggaestar. Réforme constitutionnelle avec son corollaire  de tension (guerre de succession-comme il le disait lui-même, refus de l’opposition),  les questions des exilés, prisonniers politiques, la gestion du pays… les sujets foisonnent.

Exceptée sa sortie en juillet dernier pour dénoncer la gouvernance du président Ouattara, les mélomanes ivoiriens n’ont plus eu d’échos de l’artiste.

Tiken Jah avait qualifié d’ « utopique » la gouvernance du président Ouattara. Il s’offusquait en effet de la cherté de la vie, de l’augmentation des factures d’électricité… Des problèmes qui avaient enclenché une fronde sociale dans plusieurs villes du pays.

Tiken Jah avait alors promis aux Ivoiriens de produire une chanson une dizaine de jours plus tard -fin juillet-  pour dénoncer et exprimer son mécontentement par rapport à la gestion étatique des autorités actuelles.

Silence radio…

Aucune explication, aucun post sur les réseaux sociaux, encore moins d’œuvres discographiques n’ont été produites comme l’avait promis l’artiste.

 « Il n’y a pas eu de changement à la tête de nos États», avait-il déclaré à l’époque des troubles en Côte d’Ivoire.

« Quand on apprend qu’on veut l’émergence avec des ministres bon à rien, prêts à tout (…), c’est de l’utopie, discours utopiques », s’est désolée en juillet la star ivoirienne.

Y a-t-il eu changement depuis ce temps ?

Vraisemblablement pas. Vu que Tiken Jah revendique de Thomas Sankara des valeurs comme la dignité et l’indépendance totale de l’Afrique. Des valeurs qui, pour lui, ne sont incarnées par aucun des gouvernants actuels du continent.

A la question de savoir si le modèle que représentait Thomas Sankara existe aujourd’hui parmi les dirigeants africains, Tiken Jah répond clairement.

 « Malheureusement, le modèle que représentait Sankara n’existe pas aujourd’hui. Il était un président totalement indépendant ».

Ses critiques en chansons, les mélomanes devront attendre. Viendront-elles changer les choses ?  On n’en sait pas  grande chose. Tiken Jah, lui, indique bien : « Personne ne viendra changer notre situation à notre place ». Et d’enseigner : « L’insurrection burkinabé est un model à suivre. Elle est un exemple pour toute la jeunesse africaine ».

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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