Côte d’Ivoire : Un chef de village bastonné par le partisan d’un candidat aux législatives

Le Chef de Gniti-école, Babo Soro B. (au c.) et sa notabilité

Pour avoir émis des réserves sur un candidat, il a été pris à partie par un partisan d’un des candidats en lice pour les législatives.

Le chef du village de Gniti-école, à 7 km de Gabiadji, a été violenté par un partisan d’une liste en campagne pour les législatives dans la sous-préfecture de Gabiadji, en raison de réserves émises par ce chef sur un candidat soutenu par son agresseur, a appris l’AIP mercredi auprès de la victime.

Selon le chef de village de Gniti-école, Babo Soro Bernard, il a été pris à partie samedi aux environs de 18 heures devant la pharmacie de la ville, par le nommé Koffi Narcisse, un jeune partisan d’un des candidats en lice pour les législatives à Gabiadji. L’agresseur, a expliqué le chef, lui a reproché d’avoir émis de réserves et mal reçus par l’émissaire de son mentor, parti demander le suffrage de la population de Gniti-école.

Babo Soro a reconnu avoir reçu jeudi une délégation de la liste en question conduite par l’un des candidats. Il raconte qu’il y a de cela trois ans, l’un des députés sortant sur cette liste avait été sollicité par la population pour lui venir en aide, afin de régler la facture de l’électricité du dispensaire public du village d’un montant de 76 000FCfa, à l’époque non encore pris en charge par l’Etat. Le député aurait demandé aux populations de se cotiser pour régler ladite facture.

« C’est ce rappel que j’ai eu à faire à la délégation pour lui faire comprendre que la population n’a pas apprécié le comportement de son député qui, s’il l’avait voulu, aurait simplement pu apporter sa contribution », explique M. Babo. « Allez lui dire que s’il veut que la population de Gniti-école l’élise, qu’il apporte sa contribution pour le paiement de la facture », avait-il alors, d’après ses propres propos, lancé à l’endroit de la délégation de la liste candidate. Une déclaration qui, dit-il, a motivé l’agression dont il a été l’objet, et dont les séquelles l’ont immobilisé pendant trois jours à la maison.

Du côté de l’équipe de campagne mise en cause, l’on réfute la version du chef, en précisant que « la cause de l’agression n’avait rien à avoir avec la campagne électorale en cours, mais qu’il s’agissait d’un conflit foncier opposant deux voisins, le chef et un parent de son agresseur ». Une explication que l’ensemble de la notabilité qui a reçu mardi l’AIP à Gniti-école rejette en bloc.

Selon le conseiller du chef du village en charge du foncier, Tamo Léon Jonas, « l’affaire est très grave, le village est en colère et l’ensemble du village se sent humilié». En dépit du pardon sollicité dimanche nuit par les deux candidats dont le partisan est mis en cause, la notabilité a expliqué qu’il y a eu « sacrilège » et qu’il y a « nécessité de réparer le tort causé à la communauté par le sacrifice d’un bœuf, le don de 5 pagnes Kita, cinq casiers de vins, cinq casiers de bière, trois bouteilles de liqueur ».

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