Abidjan / Coupures intempestives d’eau : Les populations redoutent une nouvelle pénurie

Le quotidien des populations de Williamsville dépourvues d'eau depuis plus de deux semaine

Le quotidien des populations de Williamsville dépourvues d’eau depuis plus de deux semaines

Des perturbations constantes dans la fourniture d’eau allant de la baisse de pression à la coupure sont constatées dans certains quartiers d’Abidjan. Dans les ménages, la grogne enfle surtout que les différentes plaintes formulées à l’endroit de la Abidjan911-Logo-Citoyen-Pastille-01-e1464346018591Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI) sont sans effets. Et pourtant, les factures se succèdent et la situation se généralise.

Il est 6h ce jeudi matin. C’est le moment pour Gérard K de se préparer pour se rendre au service. Pourtant, il n’y a aucune goutte d’eau dans les robinets.

Une nouvelle pénurie redoutée

Ici, au quartier Sogefiha-Kouté de Yopougon, le jeune fonctionnaire et ses voisins essayent de s’accommoder à ces coupures d’eau intempestives.
« Au départ, les coupures intervenaient brièvement entre 6 et 8 h. Maintenant, elles durent plus longtemps. Souvent même, le manque d’eau se fait sentir toute la journée», déplore Didier Soumahoro, un jeune cadre dans une entreprise de la place et habitant le même quartier.

Pour les habitants des quartiers Latin, Sideci, Kouté… c’est un remake des années 2013-2014. Années où le fait était plus accru et insupportable. Les coupures d’eau duraient alors plus longtemps. Coupée à la première heure, la fourniture d’eau pouvait être rétablie tard dans la nuit. Et ce, tous les jours de la semaine.

Pour soulager les populations, le gouvernement ivoirien avait réalisé des travaux d’amélioration du réseau de distribution dans le district. Une situation qui avait mis du baume au cœur des Abidjanais qui croyaient que les problèmes d’eau étaient résolus une bonne fois pour toute. Mais, les observations de ces derniers mois vont vite les faire déchanter et raviver les douloureux souvenirs de la pénurie d’eau qu’a connue les populations Abidjanaises entre 2012 et 2014.

Aux dires des riverains, les coupures d’eau sont plus récurrentes ces deux derniers mois. Elles interviennent à toutes les heures de la journée. Une situation qui provoque la colère des populations des quartiers susmentionnés.

Le silence gênant de la SODECI

En effet, si dans d’autres agglomérations, la Sodeci prend la peine d’informer les usagers, ici ce n’est pas le cas. Aucun communiqué n’est produit pour prévenir encore moins expliquer les raisons de ces interruptions intempestives dans la fourniture d’eau.

Si à Yopougon, on arrive après de longues heures à recueillir de l’eau, ce n’est pas le cas à Williamsville. Dans ce quartier de la commune d’Adjamé, la situation est plus alarmante.

Depuis plus de deux semaines, en effet, les robinets sont asséchés. Pour avoir un peu d’eau, les populations sont obligées de patienter dans de longues files d’attentes.

Munies de sceaux, bassines et autres fûts, elles attendent à tour de rôle de se faire servir par les citernes de l’Office nationale de l’eau potable (ONEP) qui passent de temps en temps.

Et, depuis, aucune solution n’est apportée à leurs difficultés. A l’instar de Williamsville, la situation semble s’être généralisée dans toutes les communes d’Abidjan.

Riviera , Attoban, Faya, … des quartiers de la commune chic de la capitale ivoirienne connaissent régulièrement des pénuries d’eau.
Abobo, Treichville, Koumassi, Port-Bouët ne sont pas épargnées. Dans la dernière commune citée, les nombreuses grognes des populations n’ont pas suffit à mettre la pression nécessaire pour que soient engagés des travaux. Les habitants se sont donc accommodés aux problèmes de coupures voire de pénuries prolongées d’eau.

Selon certaines personnes, la situation dure depuis 2005. Et, jusque là, la solution adéquate n’a pas encore été apportée.

Comme si la proximité d’avec Port-Bouët constitue un élément déclencheur, la ville de Grand-Bassam s’est vue contaminée par ces difficultés.
Là-bas, il importe d’adopter une attitude de couche-tard pour avoir de l’eau. Dans la journée, pas la peine d’ouvrir votre robinet. Vous devez attendre autour de 22h pour les chanceux voire 1h du matin avant de commencer à recueillir un peu d’eau.

Ainsi dans toutes les zones visitées, chacun dispose d’un fûts- barriques ou bidons- dont le nombre impressionnant renseigne sur le calvaire vécu dans les ménages.

Les plaintes incessantes sur les réseaux sociaux dénotent d’un véritable malaise au sein des populations qui s’insurgent notamment du manque de communication de la compagnie de distribution d’eau.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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