Interdiction de liqueur en sachet : Une décision salutaire pour les usagers de la route

La liqueur en sachet est très prisée par les transporteurs.

En dépit de vastes campagnes de sensibilisation initiées par l’Office de la sécurité routière (OSER) et les partenaires au développement, l’alcool est toujours présent dans les transports en commun. Les chauffeurs de minicars ‘’Gbaka’’ et les taxis communaux ‘’Wôrô-wôrô’’ raffolent des liqueurs en Abidjan911-Logo-Citoyen-Pastille-01-e1464346018591sachet. Une situation à l’origine de nombreux accidents de la route. C’est pourquoi l’interdiction de la commercialisation de ces produits est très salutaire.

Monde de toutes les innovations. Le secteur du transport ne finit pas de surprendre avec ses pratiques et trouvailles à tout le moins exceptionnelles.

Loin des cabarets, maquis et autres débits de boissons, l’alcool dans toutes ses présentations a conquis ce secteur.

Dans ce milieu, c’est un nectar dont on ne peu se passer. Et, sans lequel nos véhicules de transport en commun ne pourraient nous conduire à destination.

Un puissant ‘’carburant ‘’…

« Ce sont des motivateurs pour nos chauffeurs et apprentis », nous confie un vendeur de ces breuvages dont les transporteurs raffolent.

Le constat est clair. Parcourant les lieux de stationnement et de chargement des véhicules de transport en commun notamment des ‘’Gbaka’’ à Yopougon, Adjamé, Abobo… nous constatons la forte demande de Zed, Cola force, Calao, Cecos, et autres liqueurs frelatées aux noms très évocateurs.

Ces produits issus de la contrebande permettent aux dires des apprentis-chauffeurs d’être « motivés », c’est-à-dire d’avoir le punch et l’énergie nécessaires pour travailler toute la journée.

Selon certains apprentis, leur activité nécessite d’être vivace et très éveillé. Toutes choses procurées par ces ‘’carburants’’.

Leurs patrons à savoir les chauffeurs ne disent pas le contraire. Pour ces personnes qui passent leur journée assises derrière le volant, « rester éveiller » est un impératif.

Debout très tôt -entre 4 et 5h du matin-, les chauffeurs et apprentis combattent la somnolence qui survient quelques fois en cours de journée par la consommation de ces boissons alcoolisées aux origines et aux compositions souvent douteuses, expliquent-ils.

Des effets secondaires très amers…

Longtemps abonnés au café-noir pour certains et autres stupéfiants pour d’autres, les apprentis-chauffeurs sont toujours à la recherche de substances capables de leur procurer les sensations susmentionnées.

L’avènement des liqueurs en sachet vendu en bordure de voies est une option hautement avantageuse pour eux. Facile à emporter, ces boissons sont de plus en plus consommées par les transporteurs. A chaque chargement, ils en prennent un, deux sachets ou plus.
Conséquences.

On les voit le plus souvent dans un état d’ivresse. Les injures qui fusent à l’endroit des passagers, bagarres, comportements dangereux sur les voies et accidents parfois meurtriers sur nos routes en sont les corollaires de cette pratique qui gagne de plus en plus du terrain.

Ainsi, le gouvernement en décidant d’interdire la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’offre à titre gratuit d’alcool, d’eau de vie, de liqueur et autres boissons en sachet plastique ou berlingot rend un très grand service aux populations qu’il préserve de graves risques sanitaires. Mais surtout aux usagers de la route qui ont beaucoup payé le lourd tribut de l’incivisme des transports en communs.

Les chargeurs de véhicules de transport communément appelés ‘’Gnambros’’ rencontrés à Adjamé-Liberté d’Adjamé ne disent le contraire. Ils sont conscients des risques sanitaires auxquels ils s’exposent.

« Ces boissons sont de véritables poisons qui détruisent les apprentis et les chauffeurs de Gbaka. Certains passagers, au regard des comportements souvent déplacés des apprentis ou des chauffeurs font allusion à la drogue. Il en a qui en consomment certes mais la majorité est assujettie à la liqueur en sachet », nous confie-t-il sans manquer de nous montrer un nombre incalculable d’emballages de liqueur jonchant les trottoirs et les chaussées.

« Ce sont notre carburant et sans cela on ne peut pas rouler», nous font-ils pourtant comprendre. Un aveu qui sonne comme une invitation aux autorités ivoiriennes qui devraient user de moyens adéquats pour faire respecter la mesure d’interdiction des boissons en sachets dont certains ont vite fait de prédire la mort.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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