Côte d’Ivoire / Transport public : Yopougon paralysée par une grève de ‘’Gbaka’’

De nombreux usagers désemparés étaient amassés le long des voies attendant vainement un ‘’Gbaka’’ pour sortir de la cité.

De nombreux usagers désemparés étaient amassés le long des voies attendant vainement un ‘’Gbaka’’ pour sortir de la cité.

Les populations de Yopougon sont confrontées depuis ce lundi matin à une triste réalité. Les minicars de transport en commun appelés ‘’Gbaka’’ reliant cette cité aux autres communes Abidjan911-Logo-Citoyen-Pastille-01-e1464346018591d’Abidjan ont entamé une grève pour protester contre les encaissements illégaux sur les différentes lignes. Le désarroi des usagers face à ce surprenant arrêt de travail est indescriptible.

Ce lundi matin jusqu’à la mi-journée, l’ambiance était très morose dans la grande commune de Yopougon. De nombreux usagers (travailleurs, commerçants, ménagères, élèves, étudiants…), désemparés, étaient amassés le long des voies attendant vainement un ‘’Gbaka’’ pour sortir de la cité.

Du pont de Sideci à la Siporex, aucun minicar n’était visible à l’horizon. Au départ, la majorité des usagers pensait que cette pénurie de véhicules était due à un embouteillage sur l’autoroute.

Mais, grande fut l’étonnement des uns des autres d’apprendre que les chauffeurs de ces véhicules qui assurent la desserte de la commune de Yopougon vers Adjamé sont en grève.

Le motif. Ils se plaignent de la prolifération des postes d’encaissements mis en place par les syndicats de transport à tous les carrefours et tout le long du trajet. Selon les chauffeurs de ‘’Gbaka’’, ces personnes qui réclament des droits à chaque chargement sont devenues trop nombreuses et les empêchent de travailler convenablement.

« Pour un ou deux passagers embarqués, vous êtes contraint à payer 200 voire 300 FCFA alors que vous-même n’avez qu’encaisser 100 FCFA par passager. Lorsqu’on refuse, il n’hésite pas à nous violenter ou s’adonner à des actes de vandalisme sur nos véhicules », s’insurge Hervé, un apprenti-chauffeur rencontré sur la ligne Sidéci-Adjamé.

Aux dires de notre interlocuteur et ses homologues, la multiplication ces derniers temps des postes d’encaissement est devenue insoutenable.

« C’est comme si nous on travaillait uniquement pour eux. Dès qu’on stationne quelque part, ils nous obligent à payer. Et ils sont très exigeants et violents. Ceux installés au premier pont font régulièrement la bagarre avec nos apprentis et nous mènent la vie dure », ont-ils confié.

Sur la base de toutes ces plaintes, les chauffeurs de la commune de Yopougon ont décidé de stationner leurs véhicules jusqu’à ce que la situation s’améliore.

Un arrêt de travail qui met en difficulté les populations résidentes dont les activités sont en dehors de la commune.

Au-delà, comme disait l’apprenti-chauffeur Hervé, eux et les responsables syndicaux collecteurs de taxes vivent du travail journalier des transporteurs. Ainsi, s’il y a grève, tout le monde est impacté par le problème.

Cet état de fait a certainement contraint les deux parties à entamer des négociations. Les conclusions des pourparlers sont attendues avec impatience par les usagers. Ils attendent clairement que les ‘’Gbaka’’ reprennent les routes afin de vaquer à leurs occupations en toute fluidité.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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