Côte d’Ivoire / Sécurité routière : Le permis à points va-t-il signer la fin de l’impunité ?

gbaka

L’incivisme de conducteurs perturbe constamment la circulation à Abidjan.

Le gouvernement ivoirien lors de son Conseil des ministres du jeudi 03 novembre a pris un décret instituant le permis à points en Côte d’Ivoire. Objectif : sanctionner et réduire les comportements Abidjan911-Logo-Citoyen-Pastille-01-e1464346018591dangereux des automobilistes. Cette énième réforme du secteur du transport terrestre pourrait atteindre l’effet escompté si les autorités compétentes œuvrent efficacement pour la disparition de certaines mauvaises habitudes qui ont cours sur les routes du  pays.  

Mis en place dans plusieurs pays d’Europe, le permis à points est l’un des points forts de la sécurité routière sur le vieux continent. A la fois pédagogique et préventif, il incite le conducteur à avoir une conduite responsable afin de préserver son capital de points initial.

En effet, affecté d’un nombre de points déductibles à chaque infraction au code de la route, ce type de permis de conduire constitue une source de dissuasion pour les usagers de la route indélicats. Plus l’infraction est grave, plus le nombre de points retirés est important.

En cas d’infractions répétitives, le détenteur peut se voir retirer tous ses points par ricochet son permis pour une durée de 6 mois. Il devra alors passer de nouveau les épreuves du permis avant de reprendre la conduite. Les usagers de la route notamment les chauffeurs des véhicules de transport en commun devraient normalement être contraints par cette nouvelle mesure au respect du code de la route.

La corruption, un risque d’échec pour la mesure

L’intention du ministère de tutelle est bonne et très louable. L’atteinte de ces objectifs à savoir sanctionner et réduire considérablement les comportements dangereux de certains usagers de la circulation est toutefois problématique.

Malgré les dispositions actuelles notamment les amendes et la création d’une police de la circulation, les manquements au code de la route persistent et croissent.

En effet, Les infractions au code sont sanctionnées par le paiement d’amendes. Lesquelles amendes doivent être versées au Trésor public. Mais, l’on voit sur les routes ivoiriennes, des agents de police ou des gendarmes se substituer à la Comptabilité publique, en encaissant eux-mêmes des sommes forfaitaires d’argent.

Devant ces pratiques, certaines personnes se demandent si l’institution du permis à points en Côte d’Ivoire ne vas pas donner naissance à un nouveau type de racket.

Elles évoquent le payement de quelques billets de banque aux forces de l’ordre par les conducteurs lorsqu’ils se feront interpeller pour infraction. Ainsi, ces derniers ne se verront pas retirer de points sur leur permis de conduire.

Au regard de la réputation de « corrupteurs » des automobilistes et de « corrompus » de certains éléments des forces de l’ordre, l’instauration du permis à points risque sans une réelle lutte contre la corruption de ne pas faire bouger les lignes.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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