Côte d’Ivoire / Criminalité : Les agressions dans les taxis refont surface

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Photo d’archives utilisée à titre d’illustration

Les agressions dans les taxis sont toujours d’actualité dans la capitale économique ivoirienne. Une affaire faisant état du rapt d’une jeune dame et de l’assassinat de son bébé, dimanche, suscite tant

Abidjan911-Logo-Citoyen-Pastille-01-e1464346018591d’émotions sur les réseaux sociaux et nous oblige à revisiter les techniques utilisées par les agresseurs pour accomplir leurs sales besognes. Toutefois, comme pour beaucoup d’autres événements de la vie, il existe des mesures basiques à prendre afin de rester en sécurité.

Il ne passe pas de jour sans que les services de police n’enregistrent de cas d’agressions, perpétrés dans les taxi-compteurs. Malgré le système de sécurité et de défense mis en place, les bandits font toujours de nombreuses victimes. Donnant l’impression de narguer parfois les autorités policières, tant leur supercherie fonctionne à merveille. Voici le mode opératoire des agresseurs retracé grâce aux témoignages de certaines victimes.

Véhicule banalisé… et équipage rassurant

C’est dans la commune de Yopougon que cette forme de criminalité aurait vu le jour, au début des années 2000. Les malfaiteurs (le chauffeur et trois occupants), qui à cette époque opéraient sans collaboration féminine, sévissaient à bord des taxis communaux appelés « Wôrô-wôrô ».

Mais la guerre médiatique livrée à ces scélérats par les radios de proximité installées dans la commune va pousser ces derniers à déserter les lieux. En effet, les habitants informés des différents méfaits vont prendre des mesures de précaution. Ainsi, de jours comme de nuit, ils refusaient d’emprunter des véhicules dont tous les occupants étaient des hommes. Jusqu’à ce jour, certains résidents ont gardé ce même réflexe.

Une situation qui va obliger les bandits à changer de stratégies. Ils vont d’abord changer de véhicule et opter pour les taxi-compteurs qui leur offrent un large champ d’action à travers le district et ses banlieues. Leurs choix se porteront sur les voitures banalisées.

Des automobiles anonymes, ne portant aucune inscription ou décoration sur leur carrosserie, pouvant se fondre facilement dans la circulation. Ensuite, ils vont enrôler dans leurs gangs des filles et des dames au-dessus de tout soupçon pour tromper la vigilance de leurs éventuelles victimes. Quoi de plus rassurant que deux charmantes femmes assises devant et à l’arrière d’un taxi.

Ces indélicates personnes présentent tous les visages. Ce sont de véritables professionnelles qui peuvent prendre l’aspect de femmes au foyer allant faire des emplettes, de fonctionnaire se rendant au bureau ou encore d’étudiantes, arborant pour l’occasion un sac à main contenant des cahiers.

Choix des victimes… mode opératoire

Les malfrats jettent généralement leur dévolu sur les personnes qui attendent impatiemment en bordure de route un véhicule de transport en commun pour se rendre à un lieu précis. A ces honnêtes citoyens, le conducteur du taxi propose ses services moyennant les frais de transport habituels offerts par les « wôrôs-wôros ».

Difficile de manquer l’occasion d’autant plus que la vigilance qui doit nous habiter en de pareilles circonstances est balayée par la présence d’une charmante dame installée à côté du chauffeur. Une autre assise à l’arrière du taxi en compagnie d’un individu endimanché comme un bon citoyen, finit par convaincre tout sceptique. Une fois à bord du véhicule, l’attention du passager sera détournée par plusieurs techniques.

Dans un premier temps, le conducteur va signaler au passager que la portière par laquelle, il entré dans le véhicule est mal fermée et lui demandera de la refermer tout simplement. C’est, ce petit moment d’inattention que choisit son voisin de siège, qui n’est autre que l’homme bien habillé, pour jouer sa partition dans ce coup savamment planifié. D’une manière dont lui seul a le secret, cet individu déleste le client du contenu de sa poche ou de son sac à main (portefeuille, téléphone portable ou tout autre objet de valeur), qu’il va discrètement passer à sa complice placée à côté de lui. Une fois l’opération terminée, le chauffeur ordonnera au client de descendre au grand dam de celui-ci, en prétextant un changement de destination.

Ensuite, il y a le coup du siège avant qui vient coincer les jambes du passager. Pendant que le second homme du gang simule une douleur atroce aux pieds occasionnée de toute évidence par le fauteuil de la passagère de devant. Toujours, selon la même technique le client sera dépouillé quand il s’emploiera à redresser le siège défaillant sous injonction. Puis abandonné en cours de route. Idem pour le coup de la monnaie du voisin qui tombe entre les pieds du passager, qui en se pliant en quatre pour la ramasser se fait voler.

Si malgré tout la victime se rend compte de la combine ou essaye de résister à ses voleurs, elle sera tenue en leste par une arme blanche ou à feu, dépouillée puis éjectée violemment du taxi.

Notons que ces taxis compteurs indélicats ne respectent pas le protocole en matière de transport de personnes et s’arrêtent souvent en cours de route pour prendre des passagers, comme les taxis communaux. Ces pratiques sont à décrier par les syndicats.

Des mesures de précaution…

1. Prenez les taxis inter-communaux (Wôrô-wôrô) toujours dans une gare. Les chauffeurs se connaissant tous pour la plupart, vous aurez moins de risque de tomber sur des agresseurs

2. Relevez le numéro d’immatriculation du véhicule et envoyez-le à un de vos proches. Faites le au vu et au su du chauffeur. Savoir que son véhicule est identifié pourrait réduire les ardeurs du chauffeur s’il a de mauvaises intentions

3. Avec les wôrô-wôrô, c’est le chauffeur qui doit vous dire où il va et pas l’inverse

4. Evitez si vous le pouvez les véhicules dont le coffre communique directement avec l’intérieur du véhicule. C’est généralement dans ce genre de coffre que se cache le complice de l’agresseur

5. Avant de monter dans le véhicule, regardez autours de vous pour vous assurer que vous n’êtes pas suivis

6. Une fois à bord du véhicule si vous êtes seule, asseyez-vous derrière le chauffeur. Il sera ainsi en position de faiblesse

7. Gardez votre sac fermé et tenez-le sur vos genoux. Vos pièces d’identité doivent en revanche être gardées dans une poche de votre tenue. Gardez également un papier sur lequel vous écrirez le nom de la personne à contacter en cas d’urgence

8. Ne jamais arrêter un taxi à la sortie de la banque ou d’une agence de transfert d’argent (Western Union, Orange money…)

9. Evitez d’emprunter le même trajet tous les jours et à la même heure. Car, vous devenez ainsi remarquable et vos habitudes facilitent la tache des agresseurs

10. Eviter également d’emprunter des véhicules devant votre porte ou de vous faire descendre jusque devant votre porte. Car ramener un chauffeur inconnu devant sa porte chaque jour favorise les agressions à domiciles

Didier McDonald / Laseve.info

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