Côte d’Ivoire / Affichages sauvages : Les autorités publiques parmi les pollueurs

affichage

Malgré les efforts d’embellissement consentis par les autorités, la capitale économique ivoirienne présente des décors hideux par endroits.

Malgré les efforts d’embellissement consentis par les autorités, la capitale économique ivoirienne présente des décors hideux par endroits. Les affichages sauvages qui ont pignon sur rue dans les communes d’Abidjan enlaidissent chaque jour un peu plus la ville. Et ce, sous le regard impuissant et/ou complice des pouvoirs publics qui Abidjan911 - Logo Citoyen Pastille-01participent par moment à la pollution.

Publicitaires ou propagandistes. Dans le district d’Abidjan et dans les grandes villes du pays, les affiches ont dépassé les espaces qui leur sont dédiés pour envahir les murs, poteaux électriques, feux tricolores, parois des ponts, les abribus, les façades des bâtiments administratifs et privés.

Les pollueurs s’adonnent à cœur joie

A tous les carrefours de la ville d’Abidjan, on aperçoit des affiches vantant les pouvoirs de marabouts, annonçant des veillées ou croisades de prières, des offres ou recherches d’emploi et bien d’autres sur ces infrastructures. Même les panneaux de signalisation routière ne sont pas épargnés par ces affichages qui dégradent l’environnement. Un acte d’incivisme qui met en danger la vie des milliers d´usagers.

Ces temps-ci, les promoteurs de spectacles et des artistes se sont mis dans la danse. A chaque sortie d´un nouvel album, certains chanteurs n´hésitent pas à couvrir de posters toutes les façades, espaces et tout ce qui peut représenter un support.

A regarder la nature des affichages, l´on constate que toutes les catégories d´annonces publicitaires sont placardées sur les murs des édifices publics et privés. Les annonceurs ne se gênent pas pour salir les murs et les infrastructures routières.

Ainsi, Les murs et devantures des édifices sont noircis par des affiches déchirées ou qui ont subi les affres du temps. A certains endroits de la capitale, le décor est ahurissant. Une situation qui suscite de nombreuses plaintes au sein des populations.

« Dans ce pays, tout porte à croire que chacun fait ce qu’il veut. On ne fait rien pour sanctionner de tels agissements qui enlaidissent la ville. Pendant qu’on consent beaucoup d’efforts pour rendre les communes plus saines, d’autres passent leur temps à les dégrader », fulmine, Barthélémy Gnonkoué, fonctionnaire à la retraite.

Pourtant, la loi en la matière est claire. Tout affichage est interdit sur les immeubles classés monuments historiques ou inscrits ; les monuments naturels et dans les sites classés, inscrits ou protégés ; les monuments, sites et les constructions dont la liste est établie par les autorités compétentes, bénéficiant d’une protection spéciale ; les panneaux de signalisation routière.

En cas de violation de cette disposition légale, le contrevenant est puni d’une amende de 50.000 francs à 5.000.000 de francs et d’un emprisonnement de trois mois au maximum.

Les autorités politiques aussi coupables…

Un fait, non des moindres est l’entrée dans cette attitude de pollution de responsables politiques et des gouvernants. Faisant fi du respect de l’environnement, les formations politiques lors des joutes électorales se muent également en pollueurs.

Les panneaux qui ont été installés dans de nombreux endroits de la ville, sont «boycottés» par les candidats qui préfèrent salir les frontons d’autrui. Ainsi, Les murs et devantures des édifices publics sont recouverts d’affiches.

affiche3

La campagne référendaire pour la nouvelle Constitution qui vient de livrer son verdict en est une parfaite illustration.

La campagne référendaire pour la nouvelle Constitution qui vient de livrer son verdict en est une parfaite illustration.

Les affichages anarchiques auxquels on a assisté, montrent clairement que les espaces conventionnels prévus pour les affiches semblent ne pas être suffisants pour sensibiliser les votants.

Au-delà des panneaux publicitaires, les afficheurs ont trouvé le moyen de mieux faire le matraquage visuel.

Même si elles ne procèdent pas elles-mêmes à l’affichage, elles aperçoivent clairement les affiches, lors de meetings et autres moments de campagne, le travail des structures chargées d’accomplir la tâche. Pourtant, après leurs passages, ces affichages anarchiques demeurent à leurs emplacements.

Un fait considéré par des Abidjanais comme le cautionnement de la pratique.

« Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne traque pas ces annonceurs qui salissent la ville. Tous les efforts consentis pour redonner à la ville son lustre d’antan sont sapés par l’action de ses individus qui ne sont nullement inquiétés. Nul n’est contre les affiches. Il faut seulement qu’elles soient à leurs places », explique Mme Géneviève Yassi, employée dans une entreprise de la place qui, comme bon nombre d’Ivoiriens se plaint du mutisme et du laxisme de l’Etat.

Ces affichages anarchiques dégradent fortement les façades des bâtiments. Plus tard, ils se décolleront des emplacements et deviendront des déchets dans les ruelles de nos quartiers avant d’obstruer les caniveaux. C’est le lieu d’attirer l’attention des autorités compétentes sur ce phénomène qui impacte négativement l’environnement. Elles doivent sévir pour y mettre fin. Mais avant, il faudra une réelle campagne de sensibilisation des masses.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

©2017 La Sève.info Tous droits réservés - Tél : 22 43 33 64 | Email : infos@laseve.info

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?