Gambie / Présidentielle : Les raisons de la volte-face de Jammeh

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Le président déchu Yahya Jammeh conteste les résultats de l’élection présidentielle

Alors qu’il avait reconnu sa défaite face à Adama Barrow le 2 décembre, Yahya Jammeh conteste dorénavant les résultats de l’élection présidentielle. Si les appels se multiplient pour ramener le président déchu à la raison, des réactions d’incompréhension se signalent quant aux motifs réels de cette volte-face.

1er décembre 2016. La commission électorale indépendante gambienne annonce les résultats du scrutin présidentiel. Victoire d’Adama Barrow sur le président sortant Yahya Jammeh.

Ce dernier reconnait sa défaite et promet un transfert pacifique du pouvoir à son adversaire dans le mois de janvier. Le monde entier se réjouit de cette « sage décision ».

Mais contre toute attente le 9 décembre, Yahya Jammeh revient sur sa décision. Il ne reconnait plus les résultats. Les raisons ?

Un scrutin « pas crédible »

A l’annonce des résultats, l’écart entre les deux candidats était de 27 222 voix en faveur d’Adama Barrow.

La commission électorale qui a reconnu une erreur dans le décompte a procédé quelques jours plus tard à un nouveau décompte des bulletins. Même si l’écart s’est vu réduit à 19 000 voix, Barrow demeure tout de même président élu.

Cependant, Jammeh n’a pas manqué de récupérer cette erreur de la commission électorale pour contester le verdict des urnes.

« Tout comme j’ai loyalement accepté les résultats, en croyant que la Commission électorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité », a-t-il affirmé vendredi.

Le week-end, les messages de rappel à l’ordre venant d’homologues notamment du voisin sénégalais Macky Sall et de toute la communauté internationale se sont multipliés.

Ce mardi, une délégation de la CEDEAO se rend à Banjul pour convaincre Yahya Jammeh de rendre le pouvoir.

Une intervention militaire serait envisageable en cas de refus de M. Jammeh, évoque l’ambassadeur Ismael Gaspar Martins de l’Angola, membre du conseil de sécurité.

Menaces de procès

Quelques jours après l’annonce des résultats, des organisations de défense des droits de l’homme dont Human right watch (HRW) ont demandé au nouveau président de retourner dans la Cour pénale internationale (CPI).

Pour ces organisations, le régime de Jammeh était « dictatorial ». Une comparution devant les tribunaux internationaux de celui qui aura géré la Gambie pendant 22 ans est une nécessité.

Dans le camp du nouveau président, la volonté de poursuivre Yahya Jammeh pour « crime » et autres délits est une réalité.

Récemment, une proche de M. Barrow a indiqué que l’ouverture de procès contre l’ancien président devrait être effective le plus tôt possible. Estimant que celui-ci, en liberté, constitue une menace pour le pouvoir d’autant qu’il pourrait soit confisquer le pouvoir soit fomenter un coup d’Etat pour reprendre le fauteuil présidentiel.

Les observateurs avertis auront compris que les erreurs de décompte de la commission électorale rejetées par le président sortant ne sont rien d’autre qu’un prétexte.

Dans sa démarche, Yahya Jammeh reste sourd aux appels à l’ordre et autres injonctions.

Il devrait déposer son recours devant la Cour suprême, une juridiction dont les juges viennent d’être nommés par le président gambien lui-même.

Cyrille Leverbe / Laseve.info

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